Forum de l’AFCOT 2026 à LILLE, un rendez-vous magnifique!

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COMMUNIQUE DE PRESSE – FORUM 2026

Chers Membres,
Mesdames, Messieurs,

Merci à vous tous qui êtes venus souvent de loin, participer à notre réunion cotonnière à Lille. Ce formidable moment où toutes les productions, toutes les régions cotonnières sont réunies, ont vu le rassemblement de l’ensemble de la filière intervenant directement ou indirectement dans le commerce du coton brut.

L’Association Française Cotonnière qui fêtait ses 136 ans cette année, s’est réunie à Lille, le lundi 5 et Mardi 6 octobre 2026.

Plus de 300 personnes en provenance des cinq continents ont participé à notre manifestation.

Depuis un demi-siècle, le forum de l’AFCOT rassemble chaque année tous les acteurs de la filière cotonnière internationale. Il est un des événements cotonniers de référence à l’international. Négociants, producteurs, exportateurs, contrôleurs, transitaires, mais aussi banques, compagnies maritimes, compagnies d’assurance, fédérations professionnelles, organismes publics ou instituts de recherche : chacun contribue à présenter les différentes facettes du secteur cotonnier, de ses métiers, de ses évolutions et de ses perspectives. Durant deux jours les regards ont convergé sur le forum de l’AFCOT.

Les participants se sont retrouvés le Lundi 5 octobre autour d’un cocktail dinatoire de bienvenue au Mesa de Lille sous un soleil radieux. 

La journée du Mardi 6 octobre a débuté par un séminaire proposé par l’Association Française Cotonnière et l’Association Cotonnière Africaine. Les débats ont été animés par le Président de l’AFCOT,  Monsieur Thierry DEVILDER et le Président de l’ACA, Monsieur Kassoum KONE.

Madame Antonia PRESCOTT, Directrice de COTTON OUTLOOK, Monsieur Julien BOUCHER, cofondateur et président du conseil d’administration d’EA – Earth Action, et Monsieur Jean Francois LAMBERT fondateur et associé gérant de Lambert Commodities, cabinet de conseil spécialisé dans le négoce de matières premières et le financement structuré, au service des producteurs, négociants, banques et investisseurs. Ils ont tour à tour traité de sujets qui sont au cœur des préoccupations du monde cotonnier.

Pour retrouver leur présentation ainsi que toutes les photos des différents moments de ces journées, rendez-vous sur le site de l’AFCOT dans la rubrique ‘ Nos évènements’ puis Forum de Lille 2026.

Tous les participants étaient ensuite conviés à un déjeuner convivial. 

Les participants se sont retrouvés pour le cocktail de début de soirée à la salle des commissions, et fut suivi du diner de gala dans le hall d’honneur de la CCI de Lille.

Lors de son discours, le président de l’AFCOT a rappelé les évènements marquants de cette année cotonnière ainsi que ceux de notre association. Son discours est également en ligne sur notre site.

Le président, le Comité de Direction et le Secrétariat Général de l’AFCOT remercient les trois conférenciers ainsi que toutes les personnes qui nous ont honoré de leur présence.

Discours de Monsieur Thierry DEVILDER
Président de l’AFCOT

Mesdames, Messieurs,
Ladies and Gentlemen,
Chers amis,

Permettez-moi d’interrompre un instant vos conversations afin de souhaiter la bienvenue à ceux que je n’ai pas encore eu le plaisir de saluer, à l’occasion de ce 136ᵉ dîner clôturant notre Forum 2026.

Je voudrais tout d’abord adresser mes plus chaleureux remerciements à mes amis du Comité de Direction pour la confiance accordée en me confiant l’organisation de ce Forum AFCOT/ACA 2026 a LILLE.  

Lille, capitale des Flandres, est depuis toujours une grande terre d’industrie et de commerce.

C’est une ville où le mot textile se conjugue toujours au présent a travers ses enseignes de distribution bien connues et évoque encore dans nos mémoires un passé glorieux pas si lointain. Ce magnifique Palais de la Bourse qui nous accueille ce soir, édifié au début du XXe siècle, en est le témoin majestueux. Il symbolise la puissance économique d’une région dont la prospérité reposait en grande partie sur l’industrie de la laine, du lin, et bien sûr du coton. Dans ces murs mêmes, négociants, courtiers et filateurs ont conclu d’innombrables transactions.

Il fallait alors approvisionner les très nombreuses usines de Lille,Roubaix,Tourcoing, et Armentières. Des noms illustres tels que Boussac Saint-Frère, Le Blan, Wallaert, DMC, Dufour, ou encore Coisne et Lambert évoqueront à coup sûr de précieux souvenirs aux plus anciens d’entre nous.

Se retrouver dans ce lieu ce soir prend ainsi tout son sens.

Cette escale à Lille résonne aussi comme une véritable invitation au voyage. Une traversée qui ne saurait exister sans l’excellence de la terre et des hommes qui façonnent la production cotonnière, particulièrement sur le continent africain. 

En fermant les yeux, on peut presque sentir le souffle chaud des savanes qui s’étirent du Nord au Sud, reliant les plaines fertiles de Koutiala au Mali aux terres généreuses de l’Alibori au Bénin. Notre périple nous mène ensuite sur les pistes de Korhogo en Côte d’Ivoire, avant de remonter les reliefs de la Kara au Togo, de traverser les grands espaces de Bobo Dioulasso au Burkina, de faire escale dans le Sénégal Oriental, à Tambacounda, sans jamais oublier les horizons du Mayo-Kebbi au Tchad et de la Bénoué au Nord Cameroun..

Alors, pour cette fibre unique qui tisse nos liens par-delà les océans, pour le goût sucré de ces retrouvailles et pour ce moment intensément vivant, je voudrais vous adresser un immense merci.

Merci à vous tous, mes amis cotonniers, d’être présents ce soir.

Il me tient particulièrement à cœur d’y recevoir aussi nos nombreux amis producteurs-égreneurs membres de l’ACA, et je tiens à saluer très chaleureusement la présence de son Président et ami, Monsieur Kassoum Koné, ainsi que celle de tous mes homologues des associations cotonnières sœurs.

Enfin, mes remerciements vont à nos trois brillants intervenants de ce matin : Madame Antonia Prescott, Monsieur Julien Boucher et Monsieur Jean-François Lambert, pour la richesse de leurs contributions. 

Nos métiers nous obligent à anticiper au mieux les mouvements et les crises à venir ; leurs éclairages nous sont infiniment précieux.

Ce soir, nous sommes près de 300 participants, venus de près de quarante pays et représentant tous les continents. Dans un monde trop souvent marqué par les fractures et les incertitudes, il est profondément réconfortant et enthousiasmant de voir réunies, autour de la fibre cotonnière, nos cultures, nos langues et nos traditions dans toute leur diversité.

Votre engagement témoigne de la vitalité de notre filière ainsi que de votre attachement profond à notre association. À l’aube d’une nouvelle campagne, votre fidélité contribue à faire de ce Forum un moment unique, alliant rigueur professionnelle et convivialité.

Comme le veut la tradition, il appartient au président de l’AFCOT de dresser le tableau du marché du coton pour l’année écoulée et d’en esquisser les perspectives. C’est un exercice exigeant et toujours périlleux, car nous savons combien le coton aime nous réserver des surprises…

Preuve en est, fin septembre 2025, lors de nos retrouvailles à Deauville, l’ambiance était plutôt morose. L’ICE Décembre 25 végétait au plus bas, autour des 58 USc/lb, ponctuant une année 2025 calamiteuse, sans relief, sans volatilité et sans grand espoir à court terme. Les fonds spéculatifs, positionnés à la vente (short) depuis deux ans, n’avaient que peu de raisons de changer une stratégie qui s’avérait gagnante pour eux. Les perspectives pour 2026 n’étant guère réjouissantes, seule une réduction mondiale des surfaces cultivées laissait espérer un hypothétique redressement des cours.

Puis, au début de l’année 2026, les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz se sont faites plus pressantes, soufflant le chaud et le froid jusqu’au déclenchement des frappes sur l’Iran le 28 Février 2026.

Ce fut le signal d’un vaste mouvement de rachat de la part des fonds, amorçant une puissante dynamique inflationniste sur les marchés des matières premières, tirés vers le haut par les prix du pétrole et du gaz. Le coton en a été l’un des grands bénéficiaires, retrouvant une certaine compétitivité face au polyester. La hausse qui a suivi fut régulière et implacable.

À titre d’exemple, le contrat ICE Décembre 2026 est passé de 69,50 USc/lb à 86,55 USc/lb, signant une progression continue de 25 % en l’espace de seulement dix semaines, et ce, sans changement majeur des grands équilibres physiques mondiaux. Ce fut un véritable choc pour la filature mondiale.

Après quelques prises de bénéfices au printemps 2026, les cours ont repris de plus belle pour tutoyer les 94 USc/lb, portés par l’affaiblissement du dollar, des prévisions de récolte 2026 revues à la baisse et une consommation mondiale résiliente malgré les turbulences internationales.

N’ayant pas de boule de cristal, il reste difficile de prédire ce que seront les prix pour la saison à venir, ni de deviner les atermoiements que la géopolitique mondiale nous imposera.

Seules certitudes a ce jour :  Un climat mondial perturbe par un puissant El Nino, une inflation persistante, un endettement mondial au plus haut maintenant des taux d’intérêt élevés tout cela dans un contexte géopolitique mondial tendu… A l’heure actuelle, le marché semble plutôt indiquer des prix en léger repli sur 2027.

Cependant, beaucoup d’entre vous ont su tirer les leçons du passé en sécurisant de bons volumes de ventes sur 26/27, ce qui me paraît être un choix éclairé dans ce contexte. 
En tant que producteurs,vous avez structurellement besoin de cours soutenus et de perspectives stables. À notre échelle, notre modeste contribution pour stimuler la consommation mondiale doit être de nous mobiliser, en tant que communauté cotonnière, pour mieux défendre et promouvoir l’empreinte écologique du coton. C’est un combat que nous devons mener à travers nos associations, nos entreprises et nos actions de plaidoyer, comme nous continuerons à le faire à Bruxelles en apportant tout notre soutien financier à ‘initiative Make the Label Count.

Profitons de ces cours mieux orientés, mais gardons en mémoire les repères de notre histoire : un coton en dessous des 70 USc/lb reste une fibre trop bon marché pour rémunérer dignement la filière; mais un coton qui tutoie les 100 USc/lb n’a jamais l’habitude de s’installer très longtemps à ces sommets.

Je voudrais conclure mon propos en évoquant l’AFCOT. Notre association existe depuis 136 ans. Tout au long de son histoire, elle a fait preuve d’une réelle faculté d’adaptation face aux mutations du commerce international, surmontant la disparition progressive de la filature européenne et la recomposition de ses membres. Aujourd’hui, elle vit et rayonne grâce à votre fidélité, à l’énergie d’un Comité de direction dynamique composé de professionnels exigeants qui aiment profondément leur métier, et au dévouement passionné de notre Secrétaire Générale.

Certes, nos relations entre partenaires commerciaux doivent reposer sur la saine concurrence et sur l’ouverture des marchés, mais elles doivent toujours s’inscrire dans le strict respect des principes de transparence,de loyauté et de réciprocité. À cet égard, la mise en place de notre Charte Éthique et de Déontologie a apporté une véritable protection en garantissant l’intégrité de nos membres. Si le label RGE/AFCOT offre une sécurité indispensable aux transactions, c’est avant tout la relation de confiance mutuelle qui fait notre force. Nous nous devons de la préserver à tout prix, car elle est le gage de notre sérieux et de notre longévité.

La force de notre filière réside dans l’énergie et l’engagement de toutes celles et ceux qui la font vivre.

De la graine au tissu, le coton demeure une fibre unique, naturelle et renouvelable, ancrée au cœur des enjeux de durabilité qui orientent désormais l’ensemble de l’industrie textile. C’est ensemble, par le dialogue, la coopération et l’innovation, que nous saurons relever les défis de demain. Plus que jamais, l’AFCOT et ses membres se tiennent aux côtés des producteurs africains pour les accompagner et défendre l’attractivité de leurs cotons.

Pour terminer, sur une note plus personnelle, après plus de vingt années passées au sein du Comité de Direction de l’AFCOT, je quitterai mes fonctions de Président au terme de mon troisième mandat au printemps 2027, non sans une certaine émotion.

Servir notre industrie aura été un plaisir et un honneur immense. Nous faisons un métier formidable ponctué de voyages, de rencontres au service d’une matière noble qui a le mérite de faire connaître quantité de métiers différents et qui permettent de nouer de véritables amitiés au fil du temps.

L’histoire continue, et nous nous retrouverons à Deauville les 27 et 28 septembre 2027 cette fois-ci sous la présidence de Frédéric Viel. Je lui souhaite dès à présent un mandat actif, inspirant et créatif, dans la continuité et l’unité qui caractérisent notre Comité.

Je vous remercie chaleureusement pour votre attention. J’espère avoir le plaisir de vous retrouver à la fin de ce dîner autour d’un verre, pour vous prouver, si besoin en était, que les gens du Nord ont bel et bien dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors.

Excellente fin de soirée à toutes et à tous

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